L'objet du mois
L'archéologie à l'honneur !
Photo de la porte Peyrine et le mur est du musée René Baubérot
Le mois de juin étant celui des Journées Européennes de l'Archéologie, nous vous présentons le vestige des fortifications et la porte Peyrine (la porte en pierre ou de pierre. Peyre est la forme occitane de pierre, qui renvoie soit au latin petra : pierre, petrus : rocher, ce nom désigne aussi en occitan un endroit pierreux soit au nom de baptême Pierre) qui dateraient de l'Antiquité tardive ou du début du Moyen Âge (4e-7e siècles).
Grâce aux études et aux fouilles menées de 2011 à 2013 par Jacques Roger (archéologue), ingénieur d’étude au Service Régional de l’Archéologie Nouvelle Aquitaine, nous pouvons désormais corriger une idée jusque-là bien répandue, selon laquelle la porte Peyrine avait été édifiée, dans les années 1420, pour fortifier le prieuré. En outre, elle ne se situe pas dans le tracé des remparts de la ville, érigés une dizaine d’années après.
Selon Jacques Roger, grâce à un relevé minutieux de la maçonnerie, des blocs de granite, provenant d’un ou de plusieurs monuments gallo-romains, constituent les vestiges d’une fortification, de 25 m de long et 2.40 m d’épaisseur en moyenne, allant du mur oriental du musée jusqu’à la propriété sise au 30, rue Jeanne d’Arc.
Les blocs agencés sans mortier encadrent une porte monumentale, conservée intégralement dans sa hauteur, soit 3.20 m. Ses jambages indiquent que deux portes ménageaient un sas de 2.30 m.
De plus, des traces de fermeture des deux vantaux des portes sont visibles.
La voûte construite postérieurement, côté rue, cache l’aspect originel de l’édifice, tel que l’on peut le voir, à l’ouest, avec un linteau monolithe de 2 m de long sur 1.20 m de large.
Sous la porte, les sondages au sol ont révélé un ancien dallage et une sépulture, datée au carbone C14, entre 779 et 969 de notre ère, donc postérieure au monument lui-même.
A gauche :
Plan d'ensemble des sondages archéologiques et des maçonneries inventoriées dans le tissu urbain actuel :
- Les blocs antiques en place en rouge
- Localisation des sondages archéologiques en orange
Ancienne carte postale, André Lacoste, édit. à Châteauponsac, déposée aux Archives municipales du musée René Baubérot
Vue de la Porte Peyrine, ancienne fortification
Encadrée par les deux tronçons de rempart, la porte Peyrine est un monument unique en Limousin et rare en Nouvelle-Aquitaine, en raison de son ancienneté et de son architecture conservée en intégralité.
- Jacques Roger a souligné la nécessité de protéger l’édifice et de le mettre en valeur dans la ville.
- Bibliographie : Lise BOULESTEIX, Jacques ROGER, “La porte Peyrine à Châteauponsac (Haute-Vienne) : une possible fortification de l’Antiquité tardive inédite ?”, Aquitania, n°35, 2019.
Pour en connaître un peu plus :
La Porte Peyrine à Châteauponsac (87) : une possible fortification de l’Antiquité tardive inédite Jacques Roger et Lise Boulesteix - Aquitania Année 2019 35 pp. 101-146.
La Porte Peyrine à Châteauponsac (87) : une possible fortification de l’Antiquité tardive inédite.
https://www.persee.fr/doc/aquit_0758-9670_2019_num_35_1_1620
Musée de France
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