L'objet du mois
Le choix de l'artiste !
Modillon du XIe exposé au musée
Nous allons vous présenter l’objet du mois choisi par l’artiste Denis Bulot pour l’affiche de son exposition temporaire qui se tiendra jusqu’au 26 septembre 2026 au musée de Châteauponsac :
Lapalissyades au musée, dialogue entre patrimoine et création contemporaine.
Ce modillon sculpté dans du granite est un élément d'architecture lapidaire. Il représente un décor de tête humaine renversée et des motifs végétaux. Il daterait du XIe siècle. Ce don a été effectué au musée en 1967 par monsieur Gaildraud, ancien professeur au collège de Châteauponsac (CEG). Il proviendrait de l’ancien monastère aujourd’hui disparu, situé côté sud de l’église. Il est exposé dans la salle 7 sur le mur ouest. Ses dimensions sont de 25 cm de long, 24 cm de hauteur et 21 cm de profondeur.
Les modillons de l’ancienne église Saint-Pierre de Châteauponsac exposés au musée
Les modillons, encore en place, de la Chapelle Notre-Dame-de-toute-Bonté de Châteauponsac
A Châteauponsac, nous pouvons découvrir entre autres, ceux de l’ancienne église Saint-Pierre exposés au musée et ceux encore en place et visibles sur la chapelle Notre-Dame-de-toute-Bonté, à l’extérieur, sur le mur côté sud du chœur sous la corniche simple composée d’une seule tablette nue. Réalisés par des tailleurs de pierre, ils peuvent avoir des représentations variées : géométriques, végétales, animales, humaines, monstrueuses, religieuses, éducatives, morales ou, à l'inverse, grivoises.
Quelles étaient les sources d’inspiration de « nos bâtisseurs » au Moyen Age ?
Il faut reconnaître une grande liberté d’expression et d’inspiration. Les architectes romans, désireux de décorer les motifs saillants des édifices se plurent à décorer les corniches et les modillons qui y sont associés pour rompre la monotonie de la muraille. Ils sont remarquables par leur créativité et leur richesse de thèmes. L’interprétation et la portée symbolique de ces évocations en l’absence de sources écrites sont néanmoins délicates.
Pour le temps de notre exposition temporaire, nous trouvons sur notre objet du mois, témoin de plusieurs siècles d'histoire, un lézard, qui semble s'être fondu dans le granit. Presque invisible au premier regard, l'animal semble émerger de la matière elle-même ou, au contraire, s'y fondre jusqu'à disparaître.
Le choix du lézard n'est pas anodin. Animal discret, fragile et intimement lié à son environnement, il évoque l'ensemble des espèces dont l'existence paraît aujourd'hui évidente mais dont l'avenir est parfois menacé. Face au modillon, objet sauvé du temps et préservé par le musée, le lézard représente un patrimoine d'une autre nature : le patrimoine vivant.
L'œuvre pose alors une question simple mais essentielle : que conserverons-nous demain si nous ne protégeons pas aujourd'hui ce qui vit autour de nous ?
Entre mouvement et immobilité, entre vie et mémoire, Denis Boulot nous invite à réfléchir à ce que nous transmettrons aux générations futures.
Musée de France
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