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Les sabots de nos paysans


Le deuxième objet du nouveau logo du musée vous dévoile ses secrets…

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Sabots d'enfant visible en salle 8





Le choix du deuxième objet du logo n’a pas été facile. Nous voulions un objet compréhensible par tous, qui évoque la vie paysanne de nos anciens en Limousin. Nous avons longuement hésité avec les coiffes limousines pour finalement utiliser cette magnifique paire de sabots pour enfant, exposée dans la salle 8 du musée.

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Zoom sur les détails des sabots

Ces sabots sont gravés et partiellement peint. Le motif principal représente des sabots miniatures gravés sur le tour, partiellement creusés au milieu et entourés de hachures diagonales. Ces hachures s’arrêtent au niveau d’un collier de petits pois, creusés en quinconce et peints en orange ou en bleu. La pointe du sabot est ornée d’une sorte de fleur à six pétales orange et bleu avec, de nouveau, des hachures en arc de cercle. La partie arrière et les talons ont été peints en noir. Ces sabots raffinés étaient sûrement dédiés aux jours de fête et donc très peu portés. On peut supposer également qu’ils aient été donnés en cadeau lors d’un événement particulier, une communion par exemple.

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Les sabots font 19.5 cm de longueur.

Les sabots ont été pendant plus de cinq siècles des chaussures indispensables pour les paysans. Ils diffèrent des galoches (semelles en bois et dessus en cuir) et des souliers en cuir pour les grandes occasions et les personnes de plus haut rang social. Il s’agit donc de la chaussure du peuple. Les sabots les plus simplistes étaient utilisés à la ferme ou au travail. Les plus détaillés, comme la paire présentée, étaient portés soit pour la ville ou les fêtes. Pour ne pas se blesser, on ne met pas directement le pied dans le sabot, on dépose de la paille ou de la fougère à l’intérieur. Des chaussons de feutre peuvent protéger les pieds, comme des grosses chaussettes.

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Autre paire de sabots adulte visible en salle 8
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Collection de sabots et galoches visible en salle 9
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Zoom sur les détails des sabots adulte


Et le sabotier ?
​​​​​​​Comment il travaille ?
Le sabotier limousin choisit son bois lui-même, soit directement en forêt ou auprès du bûcheron. Il prend un bois de hêtre, bouleau ou noyer encore vert, rempli de sève, pour que le bois soit plus léger. Il va travailler le bois en une seule pièce, détaillée en demi ou en quart. Chaque morceau va donner lieu à une taille grossière grâce à la hache à bûcher. L’artisan va ensuite pouvoir réaliser son sabot sur son établi, qui pouvait être portatif, grâce à ses outils de prédilection : les planes convexes et les paroirs.

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Etabli du sabotier visible en salle 9




Ces derniers sont de grands couteaux avec un crochet qui va s’attacher à l’établi pour avoir plus de maintien. Le sabotier va utiliser l’outil comme un rabot, pour lisser le bois et enlever l’excédent de matière. Une fois la forme finalisée, les sabots doivent être creusés avec une tarière ou une cuillère. La dernière étape, la décoration réalisée avec une petite gouge, va dépendre des clients et de l’artisan, de son savoir-faire et de son art.

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Hache à bûcher pour faire une taille grossière du sabot
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Paroir pour lisser le sabot
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Cuillère ou tarière pour creuser le sabot
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Gouge pour dessiner sur les sabots

Anecdote sur l’origine du mot « sabotage » :
Au 19e siècle, les ouvriers bloquaient les machines des usines avec leurs sabots en guise de protestation. Ils sabotaient donc les machines ! L’origine n’est pas pleinement avéré mais pour venir de cette pratique.