Dans cette pièce, dont les murs sont recouverts de boiseries datant de l’époque de Louis XVI, a été reconstitué un atelier de couturière du début du XXe siècle.

Dans un atelier de couturière, chaque rôle est bien défini. Ici, celle qui accueille le client et guide son choix prépare un patron sur la table en hêtre, avec les mesures qu’elle a prises. Sur la table sont disposés de nombreux accessoires pour la coupe ou la couture : roulette à patrons, agrafes à crochets et anneaux, porte-baleines, planche à côtés cintrés habituellement placée sur les genoux pour réaliser les ouvrages très fins … L’ouvrière chargée de toutes les finitions est appelée « la petite main », elle est reconnaissable à ses manchettes blanches qu’elle porte pour ne pas « ombrer » le tissu.

Au XIXe siècle, et encore au début du XXe à la campagne, il ne faut pas laisser voir les décolletés, ni les bras, ni les chevilles … Les robes comportent donc des « modesties » brodées, qui cachent la gorge. Les jupons ont plusieurs épaisseurs et les femmes portent des bas tricotés retenus sous le genou par une jarretière élastique. En sus des broderies, la petite main réalise donc aussi des boutonnières et des ourlets plombés dans les bas des robes, qui empêchent le bas de se soulever accidentellement. La robe de lendemain de mariage en est un exemple.

Au début du XXe siècle, les dames de Châteauponsac portent encore des corsets rigides. Ces corsets sont fabriqués alors avec des « baleines », ces baguettes rigides pour le maintien. Le nom de « baleines » vient de ce qu’elles proviennent à l’origine de fanons de baleine (le nom est resté). Il en est de même pour les baleines des parapluies, ou des ombrelles. Pour faire paraître leurs tailles plus fines encore, en sus des corsets, les dames s’ajoutaient sous les jupons, au niveau du bas des reins, un petit coussin.

A cette silhouette en « S », en vogue dans les années 1880-1905, succéde une ligne plus fonctionnelle, adaptée aux besoins de l’époque, distillée par des couturiers comme Paul Poiret, dont un manteau en velours frappé marron est suspendu à une patère, dans cette salle.

La création et la réalisation des chapeaux est dévolue à la modiste, dont c’est le métier. Si la coiffe traditionnelle des grandes occasions de la limousine, à la fin du XIXe est le barbichet, en Petite Marche, la coiffe marchoise est de rigueur. Les « dames » ne sortent jamais tête nue, elles portent toujours quelque chose qui couvre les cheveux : un chapeau, assorti à la tenue, ou bien une mantille.

Au début du XXe siècle, les tissus et toiles ne sont plus fabriqués sur place. Si on file la laine, ou le chanvre, qui est cultivé dans des chanvrières ou chènevières, la production du filage artisanal est réservée à l’usage domestique, la filature industrielle étant largement développée depuis le XVIIIe siècle.

Au début du XXe siècle, Châteauponsac est desservi électriquement, grâce à une retenue d’eau sur la Gartempe (à la Roche Etrangleloup), rivière à fort débit.

L’éclairage électrique de cette salle est donc contemporain de la couturière assise, éclairée par un « monte-et-baisse » : un système d’éclairage et de contrepoids avec du sable ou des petits graviers de la rivière qui permet de faire descendre et monter l’abat-jour. Les ampoules électriques utilisées sont très semblables à celles de l’époque.

Le prêt-à-porter (appelé d’abord « confection ») est peu diffusé, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Et les gens ont recours à une couturière ou un tailleur. Parfois, une femme qui possède sa propre machine à coudre se loue à la journée dans les fermes pour confectionner les vêtements, notamment les amples blouses noires et les chemises des messieurs. La fabrication des vêtements est d’abord réalisée au moyen d’une machine à coudre à roue : sur celle-ci, la main droite doit entraîner la roue, pendant que la main gauche guide le tissu.

Plusieurs machines à coudre sont exposées dans la pièce : à roue, à pédale, à coffre avec le corps pivotant … ainsi qu’une machine à faire les surjets (surjeteuse).

Salle mode 1900

separateur colonne

Cette salle est consacrée à la mode du XIXe siècle: robes Empire, vêtements de la bourgeoisie, coiffes et barbichets traditionnels.

L’atelier de couturière présente la mode aux alentours de 1900 ainsi qu’une collection de machines à coudre.

On peut également découvrir des costumes paysans limousins de la fin du XIXe siècle.